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La Tanzanie n’est pas le plus gros producteur de saphir bleu. C’est autre chose : le pays qui donne les saphirs de couleur les plus étonnants du marché. Orange, rose, violet, bleue violette, des teintes que ni Ceylan ni Madagascar ne produisent avec cette intensité. Voici ce que je vais y chercher.
Au nord-est du pays, près de la frontière kényane, la vallée d’Umba produit depuis les années 1960 des saphirs dont la gamme de couleurs n’a pas d’équivalent. Les joailliers parlent de saphirs Umba comme d’une catégorie à part.
Ce qui les distingue : des orangés, des roses saumon, des violets, parfois très proches du padparadja cinghalais mais avec un fond plus chaud. Ces saphirs de couleur gardent une luminosité que les corindons trop ferreux n’ont pas.
Les mines de saphir d’Umba restent artisanales et la production est faible. Un beau lot ne se retrouve pas, et c’est ce qui fait la valeur de ces pierres chez les collectionneurs.
Le sud du pays, autour de Songea et de Tunduru, fournit une deuxième source importante de saphirs. On y trouve des bleus, des verts, des jaunes, et beaucoup de pierres sombres.
Les monts Uluguru complètent la carte. Ces différents gisements font de la Tanzanie l’un des plus grands producteurs de gemmes d’Afrique de l’Est, sur la même ceinture géologique qui traverse le Kenya, le Mozambique et Madagascar.
Il faut en parler, parce que c’est la question qui fâche sur cette origine. Une part importante des saphirs de Songea passe par une diffusion au béryllium, un traitement thermique poussé qui crée artificiellement des orangés et des jaunes vifs à partir de pierres ternes.
Ce n’est pas un chauffage classique. L’effet de la chaleur combiné au béryllium modifie la couleur en profondeur, et le résultat se détecte en laboratoire par spectrométrie. Le traitement est licite, mais il doit être déclaré, et il divise la valeur de la pierre par cinq ou dix.
Un orangé tanzanien trop parfait à prix doux est presque toujours diffusé. Je fais analyser les pierres de couleur naturelle de cette origine avant de les proposer, et le certificat le mentionne.
Les collines de Merelani, au pied du Kilimandjaro, ne produisent pas de saphir mais de la tanzanite, une zoisite bleue violette découverte en 1967. Un seul gisement au monde, sur quatre kilomètres de terrain.
La différence compte pour un acheteur. La tanzanite est une pierre fine, pas une pierre précieuse au sens classique, et sa dureté de 6,5 à 7 la rend bien plus fragile qu’un corindon à 9. Elle se raye, elle se clive, elle demande une monture protectrice.
En contrepartie, son pléochroïsme est spectaculaire et son prix reste inférieur à celui d’un saphir bleu de qualité comparable. Si c’est cette teinte bleue violette que vous cherchez, regardez nos tanzanites. Pour un bijou porté tous les jours, le saphir reste le choix sûr.
Un bleu de Songea se négocie entre 150 et 400 € le carat, souvent sombre. Un saphir d’Umba de belle couleur naturelle, orangé ou rose, monte à 800 ou 2 000 € le carat selon la saturation et le poids.
L’écart entre une pierre à couleur naturelle et une pierre diffusée est brutal sur cette origine, bien plus qu’ailleurs. C’est le seul cas où je conseille d’exiger le certificat même sous 500 €. Le détail par teinte est sur ma page saphir bleu.
Le pays est l’un des territoires les plus riches au monde en gemmes. Outre la tanzanite, il produit le rubis, la tsavorite, ce grenat vert du parc Tsavo, et le spinelle rose de Mahenge, parmi les plus beaux roses de la gemmologie.
On y trouve aussi de l’émeraude, du grenat, de la zoisite verte et de l’opale. Cette diversité tient à la géologie du Mozambique Belt, une ceinture métamorphique ancienne qui traverse l’Afrique de l’Est du Kenya à Madagascar.
Les Umba de couleur naturelle, avant tout. Les bleus tanzaniens sombres ne m’intéressent pas, il y a mieux ailleurs pour le même prix. Chaque gemme part avec son certificat mentionnant l’origine et le traitement.
Pour comparer les provenances, parcourez tous nos saphirs, ou regardez ce que donnent Madagascar et Ceylan sur les mêmes teintes.
Quelle pierre précieuse trouve-t-on en Tanzanie ?
La tanzanite d’abord, unique au monde, puis le saphir, le rubis, la tsavorite, le spinelle de Mahenge, le grenat et l’émeraude.
La tanzanite est-elle une pierre précieuse ?
Non, au sens classique. Seuls le diamant, le rubis, le saphir et l’émeraude portent ce titre. La tanzanite est une pierre fine, ce qui n’enlève rien à sa rareté.
Quelle est la valeur d’une tanzanite ?
De 200 à 900 € le carat selon l’intensité du bleu violet. Les pierres très saturées de plus de 5 carats dépassent largement.
Qu’est-ce qu’un saphir Umba ?
Un saphir de la vallée d’Umba, au nord-est de la Tanzanie, réputé pour ses couleurs chaudes : orangé, rose saumon, violet.
Les saphirs de Tanzanie sont-ils traités ?
Beaucoup le sont, notamment par diffusion au béryllium sur les gisements de Songea. Exigez un certificat sur toute pierre de couleur vive.
Quel est le plus beau saphir du monde ?
Les connaisseurs citent le bleu du Cachemire. Sur les couleurs fancy, Umba tient la comparaison avec n’importe quelle origine.