Regardez d’abord la transparence, puis le feu. Un saphir blanc bien taillé remplace un diamant sur une bague d’entourage sans que personne ne le remarque, avec la même dureté de 9. Évitez le zirconium de synthèse, souvent vendu sous le nom de zircon, qui n’a ni sa dureté ni sa valeur.
En gemmologie, la présence d’éléments métalliques à l’état de trace dans la composition chimique d’un cristal est le plus souvent à l’origine de sa couleur. Ainsi par exemple le chrome, le vanadium ou le fer donnent leur teinte à la plupart des pierres de couleur. En outre, d’autres mécanismes peuvent intervenir dans la couleur d’une gemme, comme la présence d’inclusions ou des anomalies dans la structure cristalline. A contrario, l’absence de ces éléments donne une gemme incolore, d’aspect blanche. Par conséquent de nombreuses variétés de pierres peuvent exister sous forme incolore.
Comptez de 580 à 1 200 euros le carat pour un saphir blanc, contre plus de 4 000 pour un diamant de qualité comparable. À l’œil nu, la différence tient surtout au feu : le diamant disperse davantage la lumière.
Voici les prix au carat de mon stock au moment où j’écris, calculés à partir du poids réel de chaque pierre. Un facteur 190 sépare les deux extrémités du tableau, et c’est le plus grand écart de toutes les couleurs.
| Gemme | Pierres en stock | Prix au carat | Dureté (Mohs) |
|---|---|---|---|
| Cristal de roche | 1 | 23 € | 7 |
| Pierre de lune | 1 | 48 € | 6 à 6,5 |
| Saphir blanc | 6 | 584 à 1 194 € | 9 |
| Diamant | 2 | 4 200 et 4 350 € | 10 |
Ces prix sont ceux de ma vitrine au moment où j’écris. Ils bougent avec les achats.
C’est la particularité de cette famille. Sur une gemme colorée, vous payez d’abord la teinte. Sur une pierre blanche, il n’y a pas de teinte à juger : vous payez la limpidité, le feu, et surtout la capacité de la pierre à rester nette après des années de port.
La colonne dureté du tableau explique donc les prix mieux que n’importe quel argument commercial. Le diamant à 10 sur l’échelle de Mohs ne se raye pratiquement pas. Le saphir blanc à 9 encaisse le port quotidien sans broncher, pour un cinquième du prix, et c’est l’alternative que je recommande le plus souvent sur une bague de fiançailles à budget maîtrisé.
En dessous de 8, le calcul change. Le cristal de roche à 7 se raye avec du sable, qui contient du quartz : une bague portée à la plage perd son poli. La pierre de lune, entre 6 et 6,5, possède en plus un clivage marqué qui la rend sensible aux chocs. Ces deux pierres brillent en pendentif ou en boucles d’oreilles, beaucoup moins en bague de tous les jours.
L’opale blanche mérite une mention à part : entre 5,5 et 6,5, avec 3 à 20 % d’eau dans sa structure, c’est la plus fragile du lot. On l’achète pour son jeu de couleurs, jamais pour sa résistance.
Dans l’imaginaire populaire, le diamant est LA pierre précieuse blanche. Mais sachez qu’en réalité un diamant naturel est rarement parfaitement incolore. Voici pourquoi le Gemmological Institute of America a créé une échelle de classification de la couleur des diamants blancs. Cette échelle est devenue universelle. En effet, les diamantaires et joailliers l’utilisent dans le monde entier. Il s’agit d’une lettre allant de D à Z. Seul les diamants gradés D sont totalement blancs, et plus on descend dans l’alphabet et plus l’œil perçoit une teinte jaune. De même, plus on s’éloigne du D et plus le prix diminue. Sachez que les nuances entre les lettres sont très ténues, et que l’on appelle « incolore » les grades D, E, et F.
Enfin, le diamant existe également sous forme synthétique, fabriqué en laboratoire. Il prend alors bien entendue la teinte voulue par les fabricants.
Le diamant est parmi les pierres précieuses les plus chères, et aussi la plus vendue dans le monde. Voilà pourquoi les faussaires ont de tout temps cherché à tromper le consommateur avec des variétés de gemmes qui ressemblent au diamant. Ces pierres peuvent être à la fois naturelles ou synthétiques.
La plus connue est bien sûr l’oxyde de zirconium. A ne pas confondre avec le zircon, qui est une pierre naturelle, l’oxyde de zirconium est une gemme fabriquée en laboratoire. Il se distingue du diamant naturel par son feu (reflets colorés) très intense, et également par son poids plus important.
Une autre variété synthétique répandue est la moissanite. Elle présente la particularité de tromper la plupart des appareils testeurs de diamants utilisés par les joailliers. Ces appareils mesurent la conductivité thermique de la pierre, et celle de la moissanite est la même que celle du diamant. En revanche, une analyse à la loupe permet assez facilement de repérer la différence avec un diamant. En effet la moissanite montre un fort doublement de ses facettes lorsque qu’on l’observe sous certains angles.
Parmi les substituts du diamants, citons encore le rutile synthétique, le YAG ou le titanate de strontium.
Et oui, si le saphir peut se décliner sous toutes les couleurs, il peut aussi être blanc ! Moins rare que le saphir bleu, il est aussi moins cher, ce qui permet d’acquérir une jolie pierre précieuse blanche à une fraction du prix d’un diamant. Comme à chaque fois, il existe en chauffé ou non chauffé. Les non chauffés sont bien entendu un peu plus onéreux, car plus rares. On choisira son diamant blanc le mieux taillé possible, afin d’en souligner sa brillance. De même, privilégiez les pierres les plus pures, car la présence d’inclusions est davantage visible dans une pierre peu colorée et peut altérer son reflet. Enfin, sachez que contrairement au diamant, le saphir blanc ne montre pas de feu.
Hélas le spinelle totalement blanc est très rare ! On trouve le plus souvent des nuances de couleur associée, gris, violet, brun… Comme pour toutes les autres couleurs, les spinelles blancs sont des gemmes naturellement très brillantes. On privilégiera la pureté et la taille, toujours pour restituer le plus d’éclat et de brillance possible.
La très grande majorité des opales présentes sur la terre ont un corps de couleur blanche, souvent mêlé de jaune. Bien entendu, la transparence est faible à opaque, et cette gemme se distingue des autres variétés par la présence d’un jeu de couleur lié à l’agencement particulier des microbilles de silices qui la composent. On taille généralement l’opale en cabochon afin de souligner son jeu de couleur. L’échelle de prix est immense, de quelques dollars par carat à des milliers pour les plus beaux spécimens australiens.
La pierre de lune est par définition une variété de labradorite qui présente un phénomène optique bien particulier : l’adularescence. Il s’agit d’un reflet le plus souvent bleu (pierre de lune bleue) parfois multicolore (pierre de lune arc-en-ciel) qui apparait lorsqu’on éclaire la pierre. Le corps de la pierre de lune est classiquement blanc, avec une transparence modérée. Les lapidaires la taillent le plus souvent en cabochon afin de faire ressortir l’adularescence.
Le cristal de roche est l’appellation consacrée au quartz blanc ou incolore. C’est une variété de quartz très répandue. Il présente très souvent des inclusions visibles à l’œil nu, comme des aiguilles de rutile par exemple (quartz rutilé). On peut le trouver taillé en facette, ou de forme brute pour les plus beaux spécimens cristallisés. Sa taille peut être conséquente. Il s’agit d’une pierre bon marché.
La topaze blanche est très commune. On la trouve en joaillerie fantaisie bon marché, mais on l’utilise également pour obtenir de la topaze bleue. Pour devenir bleue, elle subit une séquence de traitements de chauffage et d’irradiation.
La grande famille des béryls comprend une variété blanche ou incolore, appelée goshénite. Elle tire son nom de la ville de Goshen dans le Massachusets, d’où provenait l’échantillon témoin ayant permis au minéralogiste américain Shepard de la décrire. Si ce n’est pas une pierre rare, il est pourtant peu fréquent de la trouver en bijouterie.
Sachez enfin que la tourmaline blanche existe, mais que les pièces totalement incolores sont rares !